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Découvrir la Russie en 5 livres

Envie d’un voyage littéraire dans le pays de la vodka ? Cap sur la plus grande étendue du monde et son climat subarctique, la Russie. Des portraits de la société russe en passant par une balade dans les forêts de Sibérie sans oublier une traversée en train, rien de tel pour percer les secrets de ce mystérieux pays. Ici, les auteurs nous parlent, se confient et nous divertissent par leurs souvenirs parfois, leurs critiques et leurs fictions entre imaginaire et peintures réalistes. Plongez dans la Russie tsariste, stalinienne et post-soviétique grâce à notre sélection d’ouvrages triés sur le volet !

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson (2011), Folio
Qui n’a jamais eu envie d’oublier le monde ses soucis, sa cruauté et son non-sens ? Ce rêve qu’on a peut-être tous eu un jour, Sylvain Tesson s’en est fait une réalité entre février et juillet 2010. En Sibérie, près d’Irkoutsk, l’auteur emménage dans une isba (chalet traditionnel russe) située à cinq jours de marche du premier village. Là-bas, entre les rives du lac Baïkal, les verres de vodka, et la solitude forcée, l’écrivain s’offre une réflexion sur l’homme, la nature et le sens de la vie. Parcourir l’Himalaya ou faire le tour du monde à bicyclette, Sylvain Tesson est autant un écrivain et un grand voyageur qu’un homme de défi. Son essai Dans les forêts de Sibérie s’est vu décerné en 2011 le prix Médicis. Les aventures qu’il relate seront aussi adaptées sur grand écran en 2016 par Safy Nebbou avec dans le rôle principal Raphaël Personnaz.

Dans les forets de Siberie-Sylvain Tesson

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson, © Folio – 2011

Transsibérien, de Dominique Fernandez (2012), Grasset
L’écrivain embarque à bord du célèbre train russe, le mythique Transsibérien. Il nous raconte son périple de trois semaines, quittant Moscou pour Vladivostok, la capitale de la Russie d’Extrême-Orient. Dominique Fernandez nous offre neuf mille kilomètres d’anecdotes historiques, musicales, culturelles et littéraires, amenées de ses pérégrinations. Les paysages se succèdent, ses pensées aussi. Il constate, observe, raconte et s’interroge durant cette migration physique et psychique.
De la place Rouge aux terres sibériennes, de la dynastie des Romanov à la dictature stalinienne, l’écrivain invoque Gogol, Dumas et Tolstoï. Nous découvrons ce vaste et mystérieux pays froid qu’est la Russie au travers de photographies disséminées un peu partout dans le livre. L’invitation au voyage est lancée… Rendez-vous à 16h50, à la gare de Iaroslavl, et attention au départ !

Transsibérien-Dominique Fernandez

Transsibérien, Dominique Fernandez, © Grasset – 2012

La vie des insectes, Viktor Pelevine (1995), Points
Entre satire de la société russe et tableau des travers humains, Viktor Pelevine nous raconte la vie des insectes ou plutôt des habitants d’une station balnéaire de la Crimée au bord de la mer noire.
Publié en 1995, le roman de quinze chapitres entrelace les histoires absurdes et fantastiques des habitants transformés en insectes par l’auteur. Cet habillage lui permet de montrer certains aspects de la société russe post-soviétique. Le capitalisme américain est ainsi incarné par un moustique suceur de sang, la pauvreté avec la vie minimaliste d’une petite fourmi et la luxure observée chez une mouche verte frivole.
Influencé par le bouddhisme, Viktor met également en scène des phalènes qui s’interrogent sur le sens de la lumière. Autant dire que pour apprécier ce roman, il faut avoir l’esprit ouvert et plonger dans un monde investi par les insectes aux descriptions parfois peu ragoûtantes.

La vie privée des insectes-Viktor Pelevine

La vie des insectes, Viktor Pelevine, © Points – 1995

Requiem d’Anna Akhmatova, (1966), Les Éditions de Minuit
On ne va pas vous le cacher : ce recueil de poèmes ne donne pas vraiment la pêche. Il décrit la tristesse et l’impuissance d’une mère face à l’emprisonnement de son fils. Cette mère, c’est Anna Akhmatova et comme des milliers d’autres personnes sous le régime stalinien, elle a fait la queue nuit et jour devant la prison de Leningrad dans l’espoir de voir son fils. Elle aura attendue 20 ans avant de pouvoir le serrer à nouveau dans ses bras.
Cette histoire est d’autant plus triste quand on sait qu’Anna Akhmatova avait trop peur des représailles pour laisser des traces de ses écrits. Elle demandait donc à ses amis de retenir ses poèmes avant qu’elle ne les brûle. Certains ont circulé sous le manteau et sont devenus un symbole de courage pour des millions de Russes. Réhabilitée dans les années 70, Anna Akhmatova est aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes poétesses de son pays.

Requiem-Anna Akhmatova

Requiem, Anna Akhmatova, © Les Éditions de Minuit – 1966

Une Nihiliste de Sophie Kovalevskaïa (2015), Libretto
Sophie Kovaleskaïa, mathématicienne russe de génie et première femme en Europe à obtenir un doctorat dans ce domaine, s’essaye à la littérature avec Une Nihiliste. Dans ce récit en grande partie autobiographique, elle se projette dans l’histoire de Vera Barantsov, la benjamine d’une famille noble ruinée et endettée au XIXème siècle. L’éducation coûtant cher, elle suit les enseignements de leur voisin, un professeur révolutionnaire en exil. Au fil des années et du récit, nous voyons son esprit embrasser la cause révolutionnaire et son engagement prendre un virage de plus en plus radical. Vera finit en effet par tomber amoureuse d’un agitateur politique, qu’elle suit lorsqu’il est condamné au bagne en Sibérie. Une Nihiliste nous offre un regard unique sur la vie des jeunes filles de l’époque, pleines d’exaltation et d’engagement pour les rebelles et leurs idéaux dans la Russie tsariste.

Une nihiliste-Sophie Kovaleskaia

Une Nihiliste, Sophie Kovalevskaïa, © Libretto – 2015

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