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Tourisme animalier, faire les bons choix

Les poils de sa crinière au vent, un saut acrobatique surplombant l’eau, les traces de ses pattes sur le sable… En voyage, la rencontre avec les animaux sauvages promet d’être mémorable. Mais à quel prix ? Le tourisme animalier correspond à 40 % du tourisme global dans le monde. C’est jusqu’à six millions de voyageurs qui visitent, chaque année, des attractions fauniques. Lorsque l’on s’y rend, c’est évidemment par amour des bêtes, on est loin d’imaginer les effets néfastes sur les animaux ou sur la conservation qu’engendrent ce genre de centres.

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De nombreux animaux sauvages sont arrachés à leur habitat naturel, sont exploités au nom du divertissement et du profit. Spectacles, balades, photos souvenirs… Souvent, la pire des cruautés se cache sous l’attraction.

Observer des baleines

Baleines, dauphins ou requins sont stressés par les nombreux de bateaux qui viennent les voir. Un attroupement de touristes se forme autour d’eux, les dérangeant dans leurs activités quotidiennes de chasse, de soins aux petits et de repos. Outre les blessures provoquées par les collisions avec les embarcations, les animaux s’épuisent et dépensent énormément d’énergie voulant fuir les navires le plus vite possible. Le niveau de stress engendré par la présence des bateaux touristiques est comparable à la rencontre avec d’autres prédateurs naturels. Ils nagent plus vite et respirent plus lourdement. Il faut impérativement choisir des professionnels ayant des réglementations strictes concernant l’observation des animaux marins.

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Randonner à dos d’éléphant

Dans de nombreux pays d’Asie, se balader sur le dos de pachydermes fait partie des activités les plus appréciées des touristes. Mais comment un éléphant pesant cinq tonnes peut être aussi docile ? Comment cet animal qui peut parcourir jusqu’à 70 kilomètres par jour peut rester attaché à un poteau attendant l’heure de la promenade (toujours la même). On doit le briser physiquement et mentalement, cela s’appelle le rituel du phajaan. L’éléphant est battu jusqu’au sang. Traumatisé, il se laissera ensuite commander. Paré pour promener des touristes ou peindre avec sa trompe.

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Câliner des bébés tigres

En Afrique du Sud, l’activité est légion. Un selfie avec un tigreau ou un lionceau, l’avoir dans ses bras et le câliner ? Ça en ferait rêver plus d’un. Mais pour divertir les touristes, les bébés sont enlevés à leur mère et enfermés dans des enclos. Ces bêtes sauvages ont besoin de grands espaces pour se développer. Attachés et drogués, les petits félins grandissent au contact de l’homme, dans des cages métalliques. Ils s’habituent. La peur qu’auraient les lions ou les tigres face à un chasseur disparaît alors. La chasse de conserve, un fois adulte, peut alors commencer.

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Sauver des orangs-outans

Après avoir entendu parler des menaces qui pèsent sur les derniers orangs-outans du monde, il est naturel de vouloir partir en volontariat pour soutenir leur conservation. Mais attention au choix du centre. Un projet de bénévolat qui permet d’entrer en contact avec les animaux doit impérativement comporter une mise en quarantaine pendant une dizaine de jours accompagnée de tests rigoureux et d’une formation pour les volontaires. Ce qui ne convient pas à un touriste en vacances de deux semaines. Un simple rhume peut rapidement tuer un bébé orang-outan et propager la maladie à tout le groupe. Les adultes sauvages éviteront le contact avec les humains, ceux qui s’habituent trop voient leurs chances de réhabilitation et de réintroduction dans la nature réduites.

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Visiter des zoos

Les zoos, les cirques et autres Marineland, sous couvert d’être des « centres de conservation » attirent chaque année des milliers de visiteurs. Ces parcs animaliers sont principalement des attractions touristiques et les animaux sont détenus en captivité dans des espaces exigus. Le sort des espèces n’est alors pas la priorité du centre. Pourtant, certains zoos et aquariums font un excellent travail de conservation. Ces derniers doivent obligatoirement être gérés par des professionnels et être des organismes accrédités par une association zoologique maintenant des niveaux élevés de soins. Les visiteurs pourront observer les animaux vivants du monde entier dans des environnements qui ressemblent à leurs habitats naturels (même flore, mêmes températures, mêmes surfaces, etc.). La visite doit être éducative et contribuer économiquement au bien-être des animaux.

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Tourisme responsable de la faune

L’itinéraire de voyage, les choix de visites ont le pouvoir de soutenir la préservation des espèces et de promouvoir la bonne gestion de la faune, mais ils peuvent également encourager la captivité et la maltraitance cachée des animaux.

La bonne idée ? Il faut montrer qu’un animal vivant, protégé et conservé dans son habitat naturel développe l’emploi et rapporte plus d’argent que sa chasse ou sa captivité. Lorsque les populations locales réalisent les avantages économiques que procurent la faune et la nature, elles se battent pour leur conservation et se mobilisent contre la corruption.

Comment ? Les voyageurs injectent de l’argent pour visiter des sites animaliers. Des emplois sont alors créés pour répondre à la demande touristique, ce qui contribue au bien-être humain et encourage la sauvegarde culturelle (faune et flore).

C’est un tourisme responsable de la faune qui émerge, développant une situation gagnant-gagnant. Les communautés locales possèdent et gèrent les opérations touristiques sur leurs terres traditionnelles, liant retombés économiques et conservation faunique, pour le plus grand plaisir des visiteurs en quête de rencontres sauvages.

Pour plus d’informations sur le tourisme responsable de la faune, visitez le site « World Animal Protection » (anglais).

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