Voyage authentique dans les steppes de Mongolie

La Mongolie est une force de la nature. Une force changeante au fil des pas. Ici une montagne nappée de neige, là un désert couleur miel, plus loin une cascade se précipitant dans une vallée. La Mongolie étourdit. Six fois plus grande que la France, dix fois moins peuplée, elle est une terre vierge où le regard se perd entre deux cheminées de yourte. D’ici, Gengis Kahn a conquis une partie du monde et depuis ce temps-là, les aigles mongols tournoient dans le ciel. On prend son élan dans le « pays du ciel bleu ».

Il faut se préparer au choc. Les poumons suffoquent. L’arrivée à Oulan-Bator n’est pas vraiment plaisante. Vous y verrez de paisibles monastères et un mur dédié aux Beatles (!), mais aussi beaucoup de 4×4 et de poussière. Dans le centre-ville, aux pieds de quelques géants d’acier et verre, des nomades sédentarisés se chauffent au charbon. C’est à cause de tout cela que le ciel se pare souvent de noir et qu’Oulan-Bator est l’une des capitales les plus polluées du monde.

Et puis vient le temps où il faut quitter la capitale. Prendre une route goudronnée, saluer un Dieu au passage. La tradition veut que l’on pose un ruban sur un stupa pour se souhaiter un bon voyage. La route s’arrête vite, mais pas le regard : la steppe mongole s’étend à l’infini. Ses paysages racontent un monde lointain nourri des souvenirs de Gengis Khan. Dans l’ancienne capitale, Karakorum, les vestiges de son palais témoignent encore de ses rêves de grandeur.

Karakorum est érigée dans l’une des plus belles régions de Mongolie : la vallée de l’Orkhon. Située dans le centre du pays, cette terre de lacs et de rivières, est celles des éleveurs de yacks. Vêtus de leur deel, ce grand manteau croisé sur le devant, ces nomades ne trahiront pas leur hospitalité légendaire en vous offrant un verre de « airag », le traditionnel lait de jument fermenté.

Après avoir galopé dans les plaines ou assisté à la chasse traditionnelle à l’aigle, cap vers le sud. Les steppes herbeuses laissent alors place à la rudesse du désert de Gobi. Marco Polo, lui-même, en redoutait la traversée, c’est dire. Aujourd’hui, on s’y déplace à dos de chameau, on y observe des fossiles de dinosaures et on s’incline devant les dunes de sables de Khongoryn Els que font chanter les vents. Caressé par le soleil, le plus grand désert d’Asie force à la contemplation.

En remontant vers le nord, arrêtez-vous dans le Parc naturel de Terelj pour y admirer ses forêts de mélèzes et écouter fébrilement les hurlements de ses loups à la nuit tombée. Mais si la Mongolie est une terre de magie, c’est aussi et surtout grâce à Khövsgöl Nuur, un lac de 136 km niché à l’extrême nord du pays. Pour les Mongols, ce lieu est, depuis des millénaires, éminemment spirituel. On raconte que des voix sacrées y murmurent, à ceux qui savent les écouter, les secrets de la beauté de la nature et de la paix intérieure.