Le tourisme à l’heure du déconfinement

Au lendemain du déconfinement, villes et pays s'organisent afin de proposer un tourisme différent, plus respectueux et propre. Quelques pistes.

Depuis le 11 mai 2020, nous pouvons de nouveau circuler – presque – librement et l’attestation de déplacement n’est plus qu’un lointain souvenir. L’impact de la crise du coronavirus sur certains secteurs n’est pas négligeable. Parmi eux, le tourisme. Des idées émergent ici et là pour relancer l’activité tout en préservant la santé de chacun. Voici quelques pistes.

Quelles conséquences pour les villes où le tourisme est un moteur économique ?

Avant le coronavirus, certaines villes avaient grandement souffert du sur-tourisme. C’est le cas de Venise ou d’Amsterdam en Europe. Les rues bondées et bruyantes étaient le quotidien des habitants que l’on ne voyait plus et qui ne se voyaient plus. Ces villes ont ainsi pu remettre les compteurs à zéro. Un économiste hollandais à la retraite, Aart Jaeger, parle même du coronavirus comme d’une « bénédiction déguisée », sans remettre en cause son caractère dramatique. Ces villes espèrent qu’à la sortie de cette crise, un nouveau modèle de tourisme pourra être mis en place, aux antipodes de ce qu’elles ont connu jusqu’alors.

Les « bulles touristiques » : la solution pour relancer le tourisme international ?

L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont émis l’idée de créer des « bulles touristiques » permettant ainsi à leurs habitants de voyager sur leurs territoires respectifs. En Europe, les États baltes ont pris une décision similaire, applicable à partir du 15 mai 2020. Alors même que ces solutions semblent avantageuses pour relancer le tourisme international, l’analyste aéronautique, Brendan Sobie, souligne le fait que ces alliances vont probablement se faire entre des pays aux relations géopolitiques déjà bien établies. Et les pays qui, pour des raisons diverses, auront un contrôle plus limité sur l’impact sanitaire du Covid-19, seront laissés de côté.

Le tourisme domestique, (re)découvrir les richesses de son propre pays

Depuis sa sortie du confinement, la Chine autorise le tourisme national. Pourquoi ne pas faire de même en France ? Passer une semaine en Corse et explorer ses villes aux consonances d’ailleurs, se familiariser avec les traditions bretonne et basque, visiter Paris…il y a tant à voir en France qu’une seule vie ne serait pas assez pour visiter tous ses sites d’intérêts.

Le slow tourism et le tourisme responsable : green is the new cool ?

Le slow tourism serait peut-être une solution à plus long-terme. Un tourisme davantage axé sur une découverte approfondie de la ville ou du pays visité, éloigné de la course aux sites légendaires disséminés un peu partout dans le monde. Freya Higgins-Desbiolles, maître de conférences à l’Université d’Australie-Méridionale, veut « un tourisme qui ne bénéficie pas seulement au voyageur mais aussi aux économies et aux populations locales ». En outre, l’association des Acteurs du Tourisme Durable a lancé un « Manifeste » pour un tourisme différent du précédent, « qui tient compte de la valorisation des actions positives pour l’environnement, les territoires et les communautés ».

Le tourisme se réinvente et nos façons de voyager avec. Paré pour le changement ?

À lire aussi
Les nouvelles tendances du voyage
Avril 2018
dans « C'est dans l'air »